« Islamophobie » ou « Laïcophobie »?

Vers la réintroduction du délit de blasphème ?

 

Commentaire à  l’article : « L’islamphobie, des mosquées incendiées à la critique des religions »

 

Le titre même de l’article « L’islamphobie (1), des mosquées incendiées à la critique des religions » est un déplorable amalgame. Ainsi, on assimile des actes criminels à la libre critique des idées, que sont les religions et-ou idéologies. Veut-on réintroduire l’interdiction du blasphème ? Critiquer, même très fermement, le PCF ou l’UMP ne pousse pas forcément à l’incendie de leurs locaux, que je sache !

MM. Vicent Geisser, Bruno Etienne, Raphaël Lioger et autres universitaires d’Aix-en-Provence « religiophiles », mélangent prise de position politique avec leur qualité universitaire pour mieux user de l’argument d’autorité (en bons mandarins culpabilisateurs), pour éviter le libre débat civique. M. Geisser traitait de « nationales-féministes » des laïques marseillaises (2) défendant la laïcité à l’école (autre amalgame de cette « radicalité » autoritaire).

Ces « religiophiles », athées ou croyants, sont en fait des « laïcophobes » comme l’a écrit l’un des anciens étudiants aixois de V. Geisser (3). Ils ne supportent ni la République, ni la critique des religions, et essaient de faire passer cette critique pour du racisme !

N’oublions pas aussi, comme le rappelle Stéphanie Le Bars (4) dans le Monde (19.12.08), que « selon les sondages [réguliers de la Vie, la Croix, le Monde ; ou de Sélection du Reader’s Digest], une proportion de non-croyants [est] évaluée entre 30 % et 40 % de la population ». Donc plus d’un tiers des Français est athée, ou agnostique, ou indifférent, etc. Et que cette option spirituelle philosophique – en constante progression, selon ces mêmes sondages réguliers – est de loin la deuxième option spirituelle, loin devant les 3 % de protestants et 4 % de musulmans (toujours selon ces sondages ; ce qui ne donne que 2,4 millions de musulmans pour 60 millions de Français, on est loin des chiffres fantaisistes annoncés) ; et sur les 51 % de catholiques déclarés, à ce sondage de l’hebdo « la Vie », la moitié disent « ne pas croire en dieu » [des catholiques culturels] ! L’option spirituelle philosophique est peut être la première option spirituelle : ce qui rejette le mythe d’un « retour du religieux » (choux-gras médiatique et politique). Et regardons le mépris et la discrimination constante à l’égard des options spirituelles philosophiques (les religions étant peut être mieux organisées, media et politiques sont à court d’imagination ou de travail de fond). N’oublions pas également les attaques incessantes contre la laïcité, que beaucoup assimilent à l’anti-religion, alors que beaucoup de laïques sont croyants…Messieurs les censeurs, bonsoir !

Protéger les locaux idéologiques, philosophiques et cultuels contre les actes criminels : cela va de soi pour tout démocrate, tout républicain. Mais protégeons tout autant la liberté de pensée et la liberté de conscience.

 

PI (site Laïcité Midi www.laicite.fr)

(1) Sur le terme « islamophobie » repris par le pouvoir iranien, on peut lire le numéro 26-27 de Prochoix.org

(2) source : des anciennes responsables du Collectif 13 Droits des Femmes, à Marseille

(3) à la fois dans Prochoix.org et dans Communautarisme.net, voir aussi la biblio Laïcophobie sur le site Laïcité Midi et les articles sur des laïcophobes : MM. Vicent Geisser, Bruno Etienne, Raphaël Lioger universitaires d’Aix-en-Provence (L’islam light selon V. Geisser par C. Fourest)

(4) Les limites de la « laïcité positive », Stéphanie Le Bars. Le Monde, 19.12.08

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Commentaire de l’auteur de l’article, Erich Inciyan, 25.12.08, MediaPart.fr

Bonjour Pi et merci d’avoir repris le débat sous cet angle de la «laïcophobie»…

… (particulièrement stimulant, ce matin!). Le titre voulait indiquer que, sous couvert d’«islamophobie», certains peuvent être conduits à envisager un continuum entre des agressions ou attentats, d’une part, et la liberté de critiquer la religion, d’autre part. Le contenu de l’article souligne même qu’un tel glissement «sur le versant, à fort dérapages potentiels, de la liberté d’expression (…) ajoute une dose de complexité au débat», en rappelant divers précédents dont les « Caricatures de Mahomet » et le procès qui a suivi. Sans trancher, c’est vrai, mais pour inviter à la réflexion. Bien à vous et… bonne année 2009 ! Commentaire de l’auteur de l’article, Erich Inciyan, 25.12.08, MediaPart.fr

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Avoir une opinion sur une religion deviendrait-il un crime en France ?

Commentaire sur l’article de Erich Inciyan : Alexander Scott, 23. 12.08, MediaPart.fr

Notre pays est laïque, et pour encore un peu de temps, un lieu où il et possible d’exprimer une opinion négative sur une religion. Autant il n’y a pas de « catholicophobie » ni de  » prostestantophobie », autant il ne saurait y avoir d’islamophobie.

Insidieusement d’ailleurs, depuis quelques années, une frange importante de nos intellectuels ont abdiqué devant les gesticulations et les menaces des religions de l’islam. Où sont passé les véritables débats d’idées ? Des musulmans soutenus par quelques enseignants n’hésitent pas à remettre en cause le droit d’étudier Voltaire ou « Le Cid » parce que ces textes seraient « islamophobes »!!!

Rappelons nous les insultes qui ont fleuri lors de la sortie du livre de Sylvain Gouguenheim (Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétienne) et les anathèmes et qualification de raciste. Où est passé le débat d’idées, la confrontation ? D’ailleurs il suffit de lire les commentaires sur cet article sur ce site. Affligeant.

Si nous acceptons ces accusations « d’islamophobie » à tout propos, bientôt même les poèmes « Robâiyât  » d’Omar Khayyâm seront interdits comme ils l’étaient déjà dans les pays islamiques.

Cela suffit, nous n’avons pas à accepter qu’une religion dicte à chaque français ce qu’il doit penser.

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création, 27.12.08