Le sinistre Lustucru !

Arles « Riz Amer » (titre du célèbre film sur la riziculture)

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Panzani a décidé de fermer son usine Lustucru d’Arles. Celle-ci transformait et conditionnait du riz, en particulier celui de la proche Camargue. Le premier prétexte invoqué est la dégradation de l’usine du fait des récentes inondations (risques sanitaires et d’inondation). C’est une excuse similaire qui a été utilisée à Harnes, pour liquider une entreprise avec un problème de légionellose. Les noms et les situations se ressemblent. Dans le nord comme dans Midi, le patronat se sert des sinistres pour liquider ses usines. De plus, les 150 employés de Lustucru, au début en chômage technique, ont, pour certains, connu aussi l’inondation de leur logement.

Doublement sinistrés. Maintenant le discours a changé : l’usine n’est pas assez rentable (profits insuffisants). Le motif réel est dévoilé. Mais dans la profession, on se demande si le spécialiste des pâtes comprenait vraiment le marché du riz. De plus, il espérait la manne du remboursement du sinistre par les assurances.

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Une volonté de liquidation

Pour l’usine méridionale, la logique financière (et spéculative) des actionnaires (BNP…), est un des motifs supposés. C’est ainsi que, dès le début, la direction n’a pas répondu aux propositions d’aides publiques (Conseils régional et général, etc.) car la décision de fermeture avait des raisons inavouées.

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Depuis l’inondation, Lustucru-Panzani fait des économies grâce à une “ délocalisation ”, du fait du moindre coût de la sous-traitance locale : « Dans leurs rêves les plus fous, ils n’auraient jamais espéré un coût si bas ! », dit-on. Même si le conditionnement en paquet, à l’extérieur, a grevé cette économie. Et surtout n’oublions pas que, depuis le rachat de Lustucru, la direction cherchait à se débarrasser de la totalité du personnel. Elle avait trouvé le prétexte ignoble de l’inondation pour jeter à la rue 150 salariés et pénaliser la riziculture camarguaise. Cela n’est d’ailleurs, peut-être, que la première étape de l’abandon de la Camargue : Panzani pourrait vendre sa marque Lustucru ?

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  • Aujourd’hui [octobre 2004], les employés (en attente de licenciement) continuent à se battre pour la réhabilitation du site.

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Ph.I. – (Lundi CGT-ONIC – Bulletin Syndical du Syndicat CGT de l’Office des Céréales, 11.10.04)

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(Pour plus d’info consulter leur site : http://lusturizvivra.free.fr)