Faudel et Enrico indesirables

Poliquement correct ?

 La traditionnelle Fête des Ecoles de Marseille a suscité, cette année, une polémique teintée de politique, à propos de chansons d’Enrico Macias et de Faudel, soutiens déclarés au président Nicolas Sarkozy. Deux titres, Mon pays de Faudel et Enfants de tous pays d’Enrico Macias, ont été supprimés du final de la Fête des Ecoles qui se tiendra le 8 juin au stade Vélodrome. Raison invoquée : “éviter des connotations puisque nous sommes apolitiques”, a-t-on appris, jeudi, auprès des Amis de l’Instruction Laïque (AIL), association de la Ligue de l’enseignement et opérateur technique de la fête, aux côtés d’enseignants volontaires et de la mairie.

“Nous avons agi en toute bonne foi et puisque ça crée un tel émoi nous revenons à notre programmation initiale”, a expliqué la responsable des AIL à Marseille. “Cela n’a rien à voir avec la dimension politique vers laquelle on voudrait nous faire tendre”, a-t-elle ajouté, soulignant qu’”il n’y a eu aucune réaction”, lors de l’annonce du changement il y a dix jours.

Politique à la fête des enfants

“La Fête des Ecoles punit Faudel et Macias”, titrait, jeudi, le quotidien La Provence. La veille, à Marseille, lors meeting de lancement de la campagne des législatives, en présence du Premier ministre François Fillon, le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, s’est indigné: “si c’était nous qui avions eu le culot de faire cela, ça se serait retrouvé à la une des quotidiens”. “Nous avons été choqués”, a expliqué, jeudi, Marie-Louise Lota, déléguée à l’éducation à la mairie de Marseille : “c’est dommage de mêler la politique à tout”. De son côté, le socialiste Patrick Mennucci, leader de l’opposition au conseil municipal, s’est déclaré “stupéfait” de la décision de déprogrammer les chansons de Faudel et d’Enrico Macias, une décision “déplacée”, selon lui.

Le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp), déplorant cette “inutile polémique”, a également exprimé “son incompréhension” devant la décision des organisateurs d’écarter des chansons, “choisies au premier trimestre de l’année scolaire, en dehors de tout contexte politique par un groupe d’enseignants volontaires pour piloter cette manifestations enfantine”. “La Fête des écoles doit rester la fête des enfants, en dehors de toute considération partisane”, a souligné le SNUipp. La Fête des Ecoles rassemble chaque année à Marseille environ 5000 enfants et 216 enseignants.

Benchicou, 26 mai 2007 (Algérie) – INFO, Laïcité Midi, www.laicite.biz.

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