DIGNE : Une Place de la Laïcité

Inauguration d’une place de la laïcité, le 22 mai 2007, à Digne, en présence d’habitants du quartier, de quelques laïques et libres-penseurs de Digne, de Manosque et de PACA, et des élus ci-dessous. Citons également la participation du président de la Ligue de l’Enseignement des AHP (la FOL 04) et de l’association de quartier.

Mme Passemard, l’élue à l’origine de cette initiative, le maire et le député ont pris la parole. Ci-après, vous trouverez le discours du premier édile, ainsi que quelques notes sur les voies « de la laïcité »… Merci aux consœurs et confrères pour quelques infos et photos.

http://www.mairie-dignelesbains.fr/

 

De gauche à droite, J.-Louis Bianco, député-président du Conseil Général 04, René Massette élu de Digne, M.-Paule Passemard élue de Digne, déléguée du quartier des Augiers (directrice d’école retraitée), de Serge Gloaguen, conseiller régional maire de Digne-les-Bains et Jean Prunaretty, délégué de quartier. (photos, mairie de Digne)

De gauche à droite, J.-Louis Bianco, député-président du Conseil Général 04, René Massette élu de Digne, M.-Paule Passemard élue de Digne, déléguée du quartier des Augiers (directrice d’école retraitée), de Serge Gloaguen, conseiller régional maire de Digne-les-Bains et Jean Prunaretty, délégué de quartier. (photos, mairie de Digne)

Discours de Serge Gloaguen pour la Place de la Laïcité

Nous nous retrouvons ici aujourd’hui, pour affirmer notre attachement à la laïcité car elle est indissociable de l’esprit républicain, celui qui nous rassemble autour des mêmes valeurs, quelles que soient nos origines ou nos opinions.

Certes, les débats au parlement concernant la loi sur la séparation de l’Église et de l’État, avaient donné lieu à de violents affrontements. Pourtant, cette loi, adoptée le 9 décembre 1905, à la suite du rapport d’Aristide Briand, a mis fin à des années de conflit entre l’État et l’Église.

Car la laïcité n’est pas l’ennemi des religions. Il ne faut pas confondre esprit laïque et anticléricalisme, esprit laïque et esprit antireligieux.

Seul un état laïque peut garantir nos libertés, liberté religieuse d’abord. Celle de pratiquer la religion que l’on choisi, dès lors que cette pratique ne porte pas atteinte à l’ordre public.

Défendre la laïcité, ce n’est pas défendre la pensée unique, ce n’est pas demander aux individus de renoncer à leurs différences, mais simplement veiller à ce que celles-ci ne deviennent pas des facteurs de division.

La laïcité définit un espace où nous pouvons tous nous retrouver : elle est un principe d’unité et s’oppose en cela au communautarisme, une tendance inquiétante de notre époque, qui pourrait s’avérer dangereuse si nous n’y prenons pas garde.

C’est donc le devoir de tous les citoyens et, plus particulièrement, celui des responsables politiques de veiller à ce que soit respecté, à l’école surtout, mais aussi dans tous les services publics, ce grand principe républicain qu’est la laïcité.

Aujourd’hui, en lui dédiant cette place, dans ce quartier des Augiers, où l’on a déjà la rue de la Liberté et celle de la Fraternité, nous participons à ce devoir de vigilance, tout en rendant hommage à ceux qui ont combattu pour la République.

Merci à tous pour votre présence.

– Serge Gloaguen
Maire de Digne-les-Bains, Conseiller Régional

Des Rues Renommées

A la fin du XIXe siècle – début du XXe siècle, des rues ont été renommées, un peu partout en France. Les noms qui rappelaient l’Ancien régime et le cléricalisme ont été remplacés par des noms républicains. Citons les villes de Arles, Tarascon (13), Beaucaire (30).

C’est ainsi que la rue de la Vierge est devenue « rue de la libre-pensée » à Tarascon (13), que la « place Voltaire » est le nouveau nom de la « place St-Esprit », etc.

Photo 2

Des Voies (nouvelles) de la Laïcité

En décembre 2004, l’association LAIQUES lançait un appel pour une rue de la laïcité dans chaque commune. En janvier 2005, son cercle d’Arles, en faisait le thème de son banquet républicain « tête de veau ». Et une demande était faite en ce sens à la municipalité d’Arles. Si le principe en a été accepté, il reste à réaliser ce projet.
Digne est donc la troisième voie publique – à notre connaissance -, qui porte le nom « de la laïcité », et c’est la deuxième « place de la laïcité » avec celle d’une commune de l’Hérault. Et une ville de l’Essonne possède une « rue de la laïcité », première recensée. Un appel, pourtant consensuel, entendu faiblement.
Voir aussi la page http://laicite.free.fr/rue-laicite.html

Félicitons la cité de Digne qui a eu cette initiative, dont l’idée revient à M.-Paule Passemard élue de Digne, déléguée du quartier des Augiers (directrice d’école retraitée). Ce quartier populaire où se trouvent également les rues « de la paix », « de la liberté », « de l’égalité » et « de la liberté »… Il ne manquait qu’une voie « de la laïcité », bien située, à côté d’une école et de la bibliothèque départementale de prêt et pas loin d’un lycée. Symbolique !